Attente ?

Attente ?
« 20h52, encore 6 minutes. »
Elle regardait autour d'elle comme effrayé par le monde, comme si tout lui était étranger, comme si tout était propre à un autre monde qui lui était inconnue, mise à part cette horloge.
Une simple horloge, bleue foncé, accrochée par une sorte de hanse, sur le coté gauche. Une horloge banale en apparence mais ayant l'air pour elle d'y détenir toute les Vérités du Monde, celles de la Nature, de la Vie, de la Mort, en bref de tout.
« 20h54, quatre minutes. »
Elle tremblait, de joie, de crainte non, de peur mais aussi d'extase. L'Extase de retrouver celle qui a fait, en si peu de temps, balancer son c½ur ; celui qui l'a capturé, étrange chasseur aux poils dorés, lissés avec soin, se donnant ainsi une noble apparence. Prédateur habile provenant de l'Urbain. Se détachant, pour elle, de toute cette hantise, de cette folie générale assoiffée de l'Homme.
« 20h57, plus qu'une minute ! »
Elle ne tenait plus en place et, malgré les débordements spirituels et lyriques de ses deux compère ainsi que leurs petits jeux immatures, elle ne voyait rien d'autre que la sainte promesse d'un avenir proche illuminant les pénombres de son frêle esprit lui promettant joies et allégresse, pour peu de temps certes, mais cela suffirait. Pour l'instant.
« 20h58 »
Le train approchait, une voix métallique et voulant être accueillante l'annonça, il entra en gare. IL descendit, observé par ELLE qui n'avait qu'une envie : de le rejoindre. Mais elle resta assise, le regarda de ses yeux amoureux, tendres, délicats, le dévorant entièrement de son regard félin.

# Posté le jeudi 31 juillet 2008 07:58

Une longue et profonde Plainte, comme l' Hurlement de l'Orgue

Un crepitement de braise

L'orage atténuait la conflagration. Les flammes léchaient encore les immeubles, rétrécissant à vue d'½il. Tout semblait calme, apaisé. La pluie continuait de tomber. La ville, détruite, incinérée était le théâtre, la scène même d'une tragédie où gisaient de nombreuses carcasses métalliques encore rougies par la brulante morsure de l'incendie. A la manière d'un bronzage marquant la blanche peau d'une jeune fille, de celle qui n'avait que trop peu vu le jour. Le silence troublé par les longues plaintes des bâtiments s'écroulant, s'imposait majestueusement. L'ancienne cité, maintenant ruine, luttait dans un dernier effort, afin de ne pas succomber dans la Poussière et l'Oublie, contre la mort. Les réserves de pétroles restantes commencèrent à fuir, elles explosèrent dans un immense fracas puis, plus rien. La ville était devenue tombeau. Tombeau où des milliers d'êtres avaient péri, où chaque animal et chaque homme avait aperçu la sublime clarté de la Mort. Ils l'avaient vu à travers la combustion de leurs corps, à travers l'ébullition de leurs peaux, à travers l'assèchement, à travers la caresse de la flamme léchant avidement leurs tendres chaires comme une ultime danse, un ultime ballet, pour le morceau final. Mais au-delà du crépitement de feu, dans les décombres, au sein du lieu où la bataille des éléments se déroulait encore, seul, un homme, un homme projette son esprit et sa détresse dans l'air, ses mains caressant furieusement, sous l'immense dôme de la cathédrale, le clavier d'ivoire de l'orgue.

Le temps n'existe plus, seules les notes qui résonnent l'assurent qu'il est en vie. Il jouait encore et encore, jusqu'à ce que ses mains soient en sang. Il s'arrêta alors, vidé, perdu. Il s'avança vers la grande porte de fer, mais il savait d'avance ce qu'il verra derrière. La mort. Les flammes. Le sang. Dans un dernier effort, il poussa chacun des pans, avec l'énergie du désespoir. Devant ses yeux, la ville agonisait. Il poussa un hurlement bestial, rauque, qui porta dans la cité toute entière, traversant chaque avenue, chaque pont, écorchant le toit de chaque bâtisse tenant encore debout. Sans même avoir à chercher dans les décombres, il savait déjà qu'il était seul. Il était le seul être vivant dans cet immense étendue de néant. Lorsque la Femme s'approcha de lui, à pas lents, traînant ses pieds comme des chaines, il n'était pas troublé. Elle n'était pas humaine. Ses grands yeux blancs ne l'effrayaient pas, il l'attendait. Sa peau blanche étai déchirée. Le sang sur sa peau, dans ses cheveux, et sur ses lèvres. Il l'attendait.
«- Ton nom.
- Je suis l'Homme. Je suis le survivant.
- Personne ne survit.
- Vous êtes la Mort, n'est-ce pas ?
- Je suis tout ce qui est, et tout ce qui fût. Je ne suis plus ce qui sera, car rien ne sera plus jamais. Ceci est la fin de tout, l'Apocalypse, comme vous l'appelez dans vos livres. Je suis la souffrance que toi et tes semblables avez infligée à votre Mère. Je suis ton avenir, je suis ton ultime promesse."
Elle s'approcha alors de lui, et lèvres contre lèvres, elle aspira le dernier homme, pour achever sa vengeance. Le corps de l'Homme tomba en poussière, balayé par la tempête.

Et lorsque la Mort t'offrira ton ultime baiser, tu seras à jamais poussière. Car tu es né poussière, et tu retourneras à la poussière.


Une goutte d'eau tomba et résonna des milliers de fois.

Il ouvrit les yeux et vis...le noir... Il regardait, mais n'y voyait rien. Tout était noir.

« Alors c'est ça ? Alors c'est donc ça la Mort ? Une femme puis rien, du noir... »
Son dernier air se répétait encore au loin.
Il observa le sol et, manqua de perdre l'équilibre. Encore noir, il marchait sur du vide, du rien. Il s'accroupit, s'aidant de sa main pour se soutenir, elle, qui passa à travers le sol.

« Comme cela est étrange. Mes pieds tiennent sur le sol, mais ma main passe au travers. Et je la vois quand même. Peut-être y a t il un trou à cet endroit... »
Il posa son pied à l'endroit où était sa main et fut surpris de ne pas tomber. Il se redressa et, machinalement, appuya sa main contre un mur.
« Un mur ! Mais, il n'y en avait pas il n'y a même pas deux secondes ! Essayons le pied... »
Son pied passa à travers.
« Mm Très étrange... Mes mains passent là où mes pieds ne passent pas et vice et versa. Et en plus, je ne vois rien. Très étrange... »
Après quelques secondes, il décida qu'il était grand temps d'explorer les alentours et que de toute façon qu'il n'était strictement pas en danger étant donné qu'il était déjà mort. Mais son vieil instinct de vivant restait encore en éveil ainsi, il fit tout aussi attention que lorsqu'il était en vie.

Une autre goutte tomba.

« Ainsi mes mains traversent le sol et mes pieds les murs. Mais il faut que je sois vigilant car cela pourrait changer. Si je peux faire passer mon corps à partir de ces deux points, je peux quand même chuter. Et puis, si je reste trop longtemps ici, peut être que cela pourrait me mener à d'autres endroits. Ah... Qu'est ce que j'aimerais avoir un lit... »
Il trébucha, protégeant ses mains du sol afin de ne pas passer au travers. Un objet solide venait de le faire tomber. C'est alors, qu'à tâtons, il en analysa sa forme et son utilité.
« Un lit ! On dirait bien que je suis chanceux ! »
Toujours à tâtons, il chercha à se déshabiller pour enfin se rendre compte qu'il était nu. Il haussa les épaules et se glissa sous les draps.
« Il fait froid ici...Il n'y a pas de vent, pas d'humidité, rien, et pourtant... »
Il s'endormit d'un coup.

Le soleil, déjà haut dans le ciel, caressait sa peau. Il se leva, la fin faim au ventre. Il se dirigea, nu, dans sa cuisine, ouvrit la porte du réfrigérateur et en sortit un énorme sandwich de quatre étages qu'il plaça à chauffer dans son micro-onde.
Laissant l'appareil fonctionner, il ouvrit la fenêtre et s'appuya sur la rambarde.
Devant lui, la ville grouillait. Des milliers de gens se bousculaient, les voitures s'entassaient dans des bouchons à perte de vue, leurs chauffeurs klaxonnant de rage. Les panneaux publicitaires s'exhibaient partout où l'½il pouvait aller lorsqu'il n'était pas rivé vers le sol. L'immeuble d'en face était recouvert de tout son long par une gigantesque publicité. On pouvait y lire : « Realize your American Dream ! ». Un homme en costard cravate y souriait à pleine dent, serrant le poing tout en levant son pouce.
« Ting »
Il revint alors sur ses pas, sortit l'assiette, attrapa du sopalin dont il entoura le sandwich et partit avec son déjeuner en main vers la chambre. Il s'assit sur son lit et en prit une énorme bouchée.
« Mais qu'est ce que je fais là ? »


Il ouvrit les yeux : le noir était revenu.
« Un rêve sûrement. »
Ce qui fut vite contredit par le goût du sandwich qu'il tenait dans sa main.
« Je ne comprends pas... »
Soudain, une idée lui vint.
« Un mur à droite. »
Il tapa de toutes ses forces dans le mur juste à droite.
« Aïe ! Ainsi je peux ressentir la douleur. Je dois donc faire attention... »
Il termina son déjeuner venu de nulle part et s'allongea pour réfléchir.
« Je m'étais bien endormie. Donc c'était un rêve. Vu que de toute façon il faisait jour et que tout était comme avant. Pourtant j'ai eu ce sandwich... Et puis ce mur. Et ce lit ! Donc les objets dont j'ai envie apparaissent... Devrais-je donc demander une lampe ? Oui, cela serait utile. Mais, d'un côté, s'il fait noir, c'est qu'il y a une raison... Si c'est l'Enfer, Satan connaît les Hommes, ils sont à son image, ainsi il utilisera leurs besoins de se rassurer pour les mener à leur perte. Peut-être est-ce juste le lieu du Jugement Dernier ou bien le Paradis ? Qui sait ? Oui, vaux mieux laisser le noir où il doit être... »
Il resta alors allongé, sans penser, pendant des heures, immobile et, finit par s'endormir.


« - Désolé, c'est comme ça...
- Mais...Chérie...
- Non. J'ai rencontré un autre homme et tu sais que je ne peux rien te cacher. Je suis donc ici pour te dire adieu...
- Non ! Par pitié... »
Elle sortit de l'appartement, deux valises aux mains, tandis que, sur le pas de la porte, l'homme pleurait au désespoir.
« Si seulement quelqu'un pouvait m'aider... »


Une lueur le réveilla.
« Le sol est bleu électrique ! De plus en plus bizarre... Pas rigide, pas solide... Des bulles à l'intérieur... »
Il leva la tête. Seul un chemin où pouvait tout juste marcher un homme était éclairé, reliant le lit à une chose, loin, très loin de là.
« Ah ! Enfin de l'action ! Peut être dois-je me méfier, je en sais guère... Mais c'est la seule solution... »
Il se mit alors en route et marcha des kilomètres, seul, sur le petit chemin bleuté, traversant le gouffre de noir, de vide, de rien.
Au fur et à mesure, la chose se découpait, se dessinait à la vue de l'homme.
« Un bloc ! Un bloc bleu ! Bon on continue pour voir. »
Lorsqu'il atteignit la plate-forme du bloc bleu, il s'approcha de celui-ci,sur ses gardes et l'observa.
« IL a l'air plus solide et puis, le bleu n'est pas pareil. Hey ! Je connais cette couleur ! C'est de la glace ça ! »
Un air glacé souffla sur sa nuque. Instinctivement, il se retourna. Rien. L'homme revint au bloc avant de croiser un regard.
C'était une femme, nue et de glace. Ses yeux violets le fixaient. Son visage ne traduisait aucune autre expression que la neutralité. Puis l'attendrissement...
« C'est donc toi... Ta symphonie était merveilleuse... »
Elle agita les bras et un souffle d'air frais vint à eux, rapportant les notes qu'il avait jouées.
« Ta musique m'a réchauffé le c½ur. À tel point que mon enveloppe a fondu... Et je me sens faible maintenant... Viens à moi... »
Sans ciller, il avança vers elle, prit le collier qu'elle lui tendait et le porta à son cou.
« Il te va à ravir. »
De l'eau gouttait de ses mains.
« Je voulais te l'offrir car je me vide de mon sang. Je sais qu'il ne me reste plus de temps ô mon amour... Pense à moi, s'il te plaît, je ne vais bientôt plus que résider dans ce simple collier. Dés ton appel, je resurgirai de ces glaces éternelles. »
Il inclina la tête.
Soudain, il s'aperçut que de l'eau ruisselait à ses pieds et allait chuter à la limite de la plate-forme. L'esprit le percuta et lui aussi, chuta.


« Aussi froid qu'est mon c½ur
Aussi impassible que je suis
Je suis et reste ainsi
Attendant que mes barrières faiblissent et meurent. »



Il ouvrit les yeux et au touché reconnu le lit qu'il avait quitté plus tôt.
« Qu'est ce que je fais ici... Le chemin, la femme, la glace, et ma chute. »
Il tenta de se lever, mais sans succès.
« Je suis si faible. J'ai besoin de repos... »


Il entrait dans l'imposante cathédrale lorsqu'un garde l'arrêta.
« Désolé monsieur, vous ne pouvez pas entrer. Ah pardon ! Je ne t'avais pas reconnue. Arf ! Tu as pris un coup de vieux ! Qu'est ce qui t'arrive ? Cela fait longtemps que ne t'avais pas vu pour ici ! »
Le regard de l'homme,fusionnant la haine et le désespoir, l'arrêta dans ses propos.
« Ok, je vois. »
Il lui fit place, lui passant affectueusement la main sur l'épaule.
« - Déjà... Je croyais qu'on irai plus loin...
- ... Navré... C'est comme ça...
- Je comprends... « Les forces supérieurs » hein ! Allez ! Tant pis ! On aura bien vécu... »


« Brûle ! »
Il sursauta, réveillé par cet étrange murmure. L'homme s'assit, les coudes su les genoux et regarda droit devant lui, à travers le noir.
« C'est tout de même assez frustrant... Tout ce noir et les choses qu'il peut cacher. Si je voulais, je pourrais à ma guise l'enlever et découvrir ses secrets mais bons, je ne veux pas prendre de risque... Frustrant aussi dans le fait que l'imagination se développe et me laisse douter en me guidant au travers de nombreuses possibilités. L'imagination provient alors du noir,de l'obscur mais en avançant cela il ne faut pas tomber sur la mauvaise direction. En effet, si l'imagination reste alors au sein même de ce noir ou bien qu'elle dépasse l'entendement, elle ne sera alors que sottises et vulgaires fantasmes. C'est pour cela que je dois rester dans ces conditions. Oui. C'est pour cela. Je crois. »

Une leur rouge vint attirer son regard. Une bille rougeoyante lévitait à vingt centimètre de son visage. Elle se déplaça vers sa gauche tout en émettant un faible bruit strident, métallique.
« Encore une nouvelle chose ? Serai-ce encore un esprit ? Que me veux-tu petite bille rouge ? »
La bille s'éloigna alors de l'homme, s'arrêta un peu plus loin et s'agita ;
«Tu veux que je te suive, n'est ce pas ? C'est ça ? »
Il se leva et suivie l'étrange lueur rouge durant quelques temps. Soudain, elle s'arrêta, et piqua vers le « sol ». Elle passa à travers et disparu à la vue de l'homme.
« Je vais donc devoir traverser le sol... »
Il se pencha et bascula, non sans mal, la tête la première à travers le « sol ».

« C'est chaud...Visqueux...Doux...C'est agréable. »

Ses pieds touchèrent à nouveau le sol et il fut immédiatement éblouie par une puissante source de lumière se trouvant devant lui. Peu à peu, il s'habitua à la lumière. Un bûcher se trouvait en face de lui, à quelques mètres. Une femme, nue, ligotée bras et jambes au poteau centrale, se débattait en vain. Des êtres encapuchonnés formaient un cercle autour du brasier.
« Mais qu'est ce que c'est ? Une femme ! Qui sont-ils ? Et pourquoi la brûle-t-elle ? »

« Au secours ! Aidez-moi ! Je vous en prie ! Ces êtres sont diaboliques ! Aidez-moi ! »
Les « êtres » se retournèrent vers l'homme et tous disparurent, laissant derrière eux un nuage de fumée noire.
Les flammes commencèrent à monter.
« Aidez-moi ! Pitié ! »
Elle sanglotait.
L'homme s'approcha rapidement du bûcher.
« Les flammes sont trop hautes, je risque de me brûler. La femme d'eau ! Je pourrais peut-être... Non ! Elle est encore trop faible, il faut qu'elle se repose. Mais cette femme... Oh ! Et puis zut ! »
Il recula et courut droit sur le lieu du supplice posant pieds et mains sur la braise. La chaleur l'envahit mais sa peau, au contact du feu, restait insensible.
« Le feu ! Il ne me fait rien ! »
Il sauta sur la dernière bûche, libéra la promise du bûcher et sauta avec elle à travers les flammes.
« - Merci, je ne saurai pas ce qu'il serai advenu de moi. Oui, ils m'ont enfermée dans ce corps et ont essayé de me tuer ! Le feu par le feu ! Ces horribles créatures, ces monstres, ces misérables petites vermines ! Me faire ça à Moi ! Déesse des flammes et de la destruction ! Ils vont voir ! Oui ! Ils vont voir ! Ahahah !!! »
Au fur et à mesure qu'elle prononçait ces paroles, de petites flammes léchaient ses doigts puis vinrent envahirent tout son corps. Elle devenait alors femme de feu, ses yeux rougeoyant de fureur et d'amertume.
« Mais n'est crainte voyageur, je sais qui tu es. Tu es celui qui fut. Tu n'as rien à craindre de moi. Ma s½ur t'as choisi malgré que tu sois sa perte. Je respecte son choix et je la comprends : tu es plutôt beau garçon. Continues ton chemin et tu verras ce qu'il adviendra. »
Elle hurla d'une voix rauque, se transformant alors en dragon flamboyant. Elle partit soudain, déchirant l'obscurité, et laissant l'homme seul, à nouveau.
La bille réapparut devant l'homme encore pensif.
« Tiens ! Te revoilà toi ! Que me veux-tu cette fois-ci ?! »
Elle vibra, vint se placer sur l'index de la main droite de l'homme.
« Aie ! Pourquoi est-ce que tu... »
Il s'effondra, inconscient.


« - Mon fils, tu es le seul à le connaître. Tu détiens la Vérité sur la fin de notre temps.
- Mais, mon père, pourquoi moi ?
- Je ne sais pas. Seuls les anges peuvent te répondre... »
Le vieil homme leva alors la tête, observant les vitraux de la cathédrale.
« Je ne sais pas mon enfant. »


Une langue râpeuse et collante vint s'étaler sur son visage. Il sursauta.
« Hein ! Qu'est ce que c'est ? »
Il se redressa, posant les pieds dans le gazon qui bordait son lit.
« Encore ce lit ?! Et du gazon en plus de ça ! »
Ca et là, des fleurs commençaient à apparaître ; un papillon voletait autour afin de se poser sur les pétales et d'en butiner le pollen.
« ???... Et puis, comment ce fait il que je vois cette nature alors que le reste autour est noir ? »
Une bruit vint attirer son regard sur la droite. Une vache le regardait tout en ruminant ; la queue battante et les oreilles en avant.
« Une vache ! »
Il tendit sa main. Elle la lécha.
« Ah ! C'est donc toi qui m'a réveillé ! Tu n'as pas l'air méchante. Pas méchante et pas intelligente d'ailleurs ! »
Il la caressa puis la gratta derrière l'oreille.
Il tendit l'oreille.
« Encore cette musique ! Décidemment, l'Orgue résonne sans fin dans les entrailles de l'univers ! »
Il reporta son attention sur l'herbe. Un oiseau vint se poser prés de l'homme et commença à siffler.
« Oh ! Un oiseau ! Mais ! Ne lui marche pas dessus ! Petite vache ! Il ne t'a rien fait cet oiseau ! »
La vache tentait tant bien que mal de piétiner l'oiseau bleu. Celui-ci partit de vive allure et disparu dans le néant.
« C'est malin ! Il est partit maintenant ! »
La vache se retourna et commença à marcher lentement vers l'obscurité. A chacun de ses pas, une motte d'herbe verdoyante et des fleurs de toutes couleurs apparaissaient.
« Ah ! Toi aussi tu veux que je te suive ?! Allez ! Pourquoi pas ?! »
Et ils s'enfoncèrent peu à peu dans le rien ; l'homme suivant la vache, et ses pas de végétation.


(Incomplet)
Une longue et profonde Plainte, comme l' Hurlement de l'Orgue

# Posté le lundi 09 juin 2008 12:37

Modifié le lundi 17 novembre 2008 13:18

Et dans le ciel vint la Cassure du Temps (inchangé)

Et dans le ciel vint la Cassure du Temps (inchangé)
Ce jour-là, seul le ciel imposait sa présence. De lourds et profonds hurlements déchiraient sans peine la pénombre du soleil couchant. La grêle tombait, grain par grain, milliers de grain par milliers de grains, et bientôt, des tonnes de grêlons, chacun aussi imposant qu'un poing, achevaient de mettre en ruine les bâtiments de la prison d'Eldewun. L'eau s'écoulait par centaines de litres remplissant rapidement les douves et noyant presque les détenus. Mais déjà l'orage s'éloignait perdant ainsi de l'intensité. Ainsi mises à part quelques fortifications emportées par le courant, les dégâts furent jugés mineurs par les représentants de l'Ordre sacrosainte de l'Imposante et toute Puissante Eglise. C'était un dix-sept deptal (septembre-octobre) de l'Année Hurlante.

# Posté le mardi 03 juin 2008 12:09

La Revanche (nouvelle version)

La Revanche (nouvelle version)
Le soleil se levait à peine lorsque le Dernier Groupe de Résistance dut quitter le bunker.
Ils laissèrent tout ce qui n'était pas primordial pour survivre. Ils passèrent le pont du Jugement Dernier, coupèrent par l'immense Parc de La Défaite et gagnèrent le point de ralliement.
Arrivé sur place, le Major Stevens Koite escalada un empilement de carcasse de voiture et déclara devant ses fidèles camarades :

-« Mes camarades, mes amis, mes frères, contemplez ! Personne ! Nous sommes les derniers survivants. De tous les continents, de tout les pays, de toute terre ayant était foulé par les hommes, il ne reste plus que nous. Vous savez quelle est notre mission ! Nous devons Les détruire, tous, et protéger au péril de notre vie l'Espoir de notre monde. Ne perdez point courage, mes amis. On en chie, c'est vrai. Mais aujourd'hui j'ai foi !
Foi en vous, en nous, en l'Humanité ! Allons au Dernier Rempart et protégeons Les d'Eux ! »

Il sauta de la plate-forme en métal, double Uzi en main, et sous l'acclamation de la cinquantaine de survivants, fit volte-face et partît en courants vers une masse imposante au loin. Son ombre léchait déjà le sol rocailleux.
Après deux heures de marche, le groupe, fatigué de cette guerre qu'il ne pouvait gagner, s'arrêta. Chacun s'assit, et se ravitailla maigrement en eau et en nourriture. Soudain, surgies de nulle part, un homme et une femme apparurent sur le plus imposant rocher se trouvant dans les environs.
Tous les hommes du Dernier Groupe de Résistance se figèrent, car tous avaient reconnue les deux traîtres.

Puis, l'homme parla : « Enfin ! Enfin vous voilà ! Chacals ! Chiens ! Cloportes ! Sales Mouches A Merde ! Fuyez ! Fuyez tant que vous pouvez ! Votre lâcheté me dégoute ! »
La femme regarda derrière elle et hurla d'une voix puissante et terrible :
-« Venez ! Venez ! Dévorez les, découpez les, broyez les. Vous attendiez ce moment ! Alors allez-y ! Chaque jour, chaque heure, chaque seconde vous rêviez de ce moment. Ce moment où toute ces heures où l'Humanité orgueilleuse vous a torturé, décimé, exterminé. Chaque jour où vous étiez enfermé dans ses cages, chaque jour où l'on vous troquait, vendait, cuisait, ou découpait vivant. Tous ces jours où votre haine envers eux n'a fait qu'augmenter. Ces gens vous montrent du doigt et vous appellent « Monstres », « Erreurs de la nature » mais ce sont eux les monstres. Ils vous ont détruit ainsi que tout ce qui peut être à porter, massacrant tout ce qui vit, enfermant, brulant, pillant, votre nid, vos pattes, mandibules, ailes... Depuis leur arrivée vous attendiez ce moment. Le moment où vous pourriez enfin prendre votre Revanche. Alors allez-y! Tuez-les, tuez-les tous et ensemble nous reconstruirons un monde où nous pourrons vivre ensemble, et cela sans se détruire. Allez-y !!! »

Un ange passa puis, un vacarme s'éleva de derrière le rocher et, surgis de nulle part lions, fourmis géantes, abeilles de toute taille, éléphants, colibris, chauve-souris et milliers de rats et tout les animaux pouvant exister sur Terre se ruèrent sur les hommes sans défense. Et dans le ciel se refléta la divine couleur du sang.

« Il se pourrait bien qu'un jour, toute cette cruauté finisse par se retourné, contre nous. »

# Posté le lundi 02 juin 2008 15:39

Modifié le mardi 03 juin 2008 12:10

Le conte du petit pot de fleur (nouvelle version)

Le conte du petit pot de fleur (nouvelle version)
Il était une fois un petit pot de fleur, qui habitait sur un balcon au sixième et dernier étage d'un appartement à côté du Sacré-C½ur. Ce petit pot aimait chaque jour s'adonner à ses deux activités préférées. La première étant de profiter du soleil et de dorer sous ses chaudes et puissantes caresses. La deuxième était, avec l'aide de son vieil ami le vent, de se balancer d'avant en arrière jusqu'à basculer du balcon pour aller s'écraser sur les imprudentes vies se trouvant en dessous. Il riait beaucoup lorsque sa maîtresse, confuse, s'excusait mille fois auprès de la personne visée. Et, après avoir rit à n'en plus finir, il attendait avec impatience le moment où sa dame recollait avec attention chaque petit bout de ce pot brisé; la fleur en général, ne tenait pas le coup. Il se plaisait à faire ceci et ne se doutait point que cette dernière activité allait le conduire à sa perte.

Ce fut par un beau jour de printemps qu'il s'élança à nouveau sur un honnête passant. Tout se passa pour le mieux: la chute, l'impact qui se caractérisa par un grand bruit sourd et les excuses bafouillées. Mais, lorsque sa charmante demoiselle ramassa les morceaux, elle ne le regardait pas lui mais l'homme. Il était grand, brun, les yeux verts émeraudes. " Plutôt pas mal pour un humain" songea le pot. Avant qu'on le remonte chez lui pour quelques soins, il aperçu l'homme écrire rapidement une chose sur un bout de papier et le donner à sa maitresse. Comme à son habitude, sa dame, recolla les morceaux, mais cette fois, distraitement.

Quelques jours plus tard, il le revit. Il marchait nonchalamment, une cigarette roulée à la bouche. Alors le petit pot connu son deuxième sentiment humain: la Peur. (Le premier étant la Joie qu'il avait connu pour l'instant.)
Peur que cet être malfaisant parle encore à sa dame et qu'il la salisse de ses mauvaises paroles. Il l'observa silencieusement et vit une chose qui le mit hors de lui. (note: troisième sentiment humain: la Haine)
Il osait rentrer dans Son immeuble. Il pria pour que rien ne se passe, pour qu'aucune sonnerie ne retentisse.
Mais hélas, "cette putain de sonnerie" retentit. Il vit alors, toute sa vie de petit pot de fleur filer à toute vitesse devant lui. Du moment où elle l'avait acheté, des roses aux jasmins, jusqu'à cet instant proche de l'Apocalypse. Le temps que sa vie passe, la nuit était tombée et la lune s'imposait haut dans le ciel. Lorsqu'il voulut se retourner pour voir ce qu'il se passait à l'intérieur de l'appartement, il remarqua que les vitres étaient pleines de buée. Il en enleva un coin avec sa fleur et observa attentivement: Il y avait des bougies rouges déjà presque consumées, le lit et "Oh mon Dieu!". Il blasphéma toute la nuit.

L'homme revint pendant plusieurs mois, imposant ses marques à ce pauvre petit pot. Une fois, il osa même planter de force ses plantes dans ce pot. Bien sur, quelques secondes après cet horrible crime, le réceptacle se jeta du haut du balcon. L'action fut faite, le crash inévitable et les fleurs broyées. Chaque jour, le pot le haïssait de plus en plus, il haïssait de plus en plus "l'intrus". Son ami le vent essayait vainement de le rassurer: " Ne t'inquiètes pas petit pot, l'amour entre les Hommes est éphémère."
Comme pour lui donner raison, quelques semaines plus tard, l'homme ne revint plus. Après une semaine sans nouvelle de l'être, le petit pot criait à la Joie et au Bonheur de vivre. Chaque jour passé sans lui était une formidable aventure. Il apprit bientôt qu' "il" était mort: cancer du poumon.

Un an se passa durant lequel le pot se sentit revivre. Mais encore une fois, ce fut de courte durée car, sa maîtresse brisée par le "départ" de son amant, s'affaiblissait de jour en jour et finit par mourir.
A partir de ce jour là, pour le pot, plus rien ne comptait. L'appartement fut vidé et on amena le pot dans une voiture. On y replanta de nouvelles fleurs. Le trajet fut infiniment long. Lorsque la portière s'ouvrit et que l'on prit le pot, on s'étonna d'avoir les mains humides car il était sec. On le déposa sur une tombe qui n'avait pas été encore scellée. Les personnes partirent, laissant le pot seul. Il lut alors à travers le rideau de larmes le nom de sa maitresse. Dans un dernier effort, il roula sur le coté et atterrie sur l'immonde cercueil en bois de sa défunte promise. Le petit pot resta ainsi tout le reste de sa vie de pot de fleur, accompagnant sa dame dans la mort. On peut encore retrouver ses restes aujourd'hui

# Posté le lundi 02 juin 2008 13:56