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" Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur. " Alfred de Musset

Aaron ; Le Tunnel D'Or.
Un volet claqua.
Elle se réveilla en sursaut, regardant par réflexe vers la place de son amant, vide. Elle se leva précipitamment et fouilla la maison. Elle revint brusquement vers le lit. Le cendrier. Une cigarette s'y était consumée, les cendres conservant néanmoins la forme cylindrique de l'objet. Paniquée, elle se jeta au dehors, sur le sable fin de la plage, malmené par le vent, bordant la maison. Le ciel était couvert de nuage d'acier et de marbre noir. Tous figés, victimes d'un mauvais sort. Soudain, elle compris. Il en parlait depuis un moment. Et, malgré ses supplications, il avait décidé d'y aller. Jusque là, elle avait veillé sur lui : s'endormant après lui et se réveillant avant. Mais il voulait le faire. Elle avait peur et se mit alors à courir en direction de l'endroit. Elle l'aimait. L'aimait plus que tout. Plus que n'importe qui. Plus qu'elle-même... De nombreuses fois, elle s'était bafouée pour lui. Pour son rare sourire. Pour son corps bouillant, son regard tantôt glacial tantôt ingénu mais d'une profondeur à s'y perdre. Pour ses lèvres si douces. Pour Lui. Elle courait sur le bord de mer, éclaboussant les alentours. Elle gardait toujours son allure, son esprit occultant les pointes des quelques pierres sur ses pieds nus. Dire qu'à une époque il l'avait sauvé. Et maintenant... Et maintenant... Le vent hurlait. La houle se fit de plus en plus forte. Le long de ses joues rougies par le froid coulaient des larmes cristallines. Cela faisait longtemps qu'il en parlait. Qu'il prévoyait. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas que cet être si robuste et si sûr de lui pouvait en arriver là. Elle ne pouvait pas concevoir que cet amour... que cet amour... De loin, elle aperçu enfin l'empilement de roches sur lequel se dessinait une silhouette. Elle s'époumonait encore, le distinguant de mieux en mieux. Il était assis et adossé sur les derniers rocs du haut du monticule. Son long manteau noir s'agitant à la face du vent. Il fumait. Calme, impassible, inaccessible, ailleurs. Il écrasa sa cigarette et jeta le mégot au loin. Elle voulait qu'il al remarque, qu'il cesse tout ceci et vienne la calmer, la rassurer. Elle voulait qu'il la câline encore, la réchauffe, et lui fasse l'amour sans cesse. Elle voulait qu'il s'arrête. Il se leva fixant toujours le lointain et l'horizon. Elle stoppa alors sa course, pétrifiée. Elle compris qu'il était trop tard mais ne pouvait s'y soumettre. Elle se relança. Ses cheveux blonds flottaient dans l'air. Son regard changea. Avec sa main droite, il sortit de sa poche un paquet de feuille. De l'autre main il activa un briquet. Le papier s'enflamma d'un coup. Les écrits et leurs cendres virevoltèrent alors dans l'air. Il adopta une position de défit face à la mer tumultueuse. Un éclair, du tonnerre, et la pluie tomba, se déversant sur la plage et ses deux êtres.



*


LInkin Park, From The Inside.



« Trop de chose en ce moment. Beaucoup trop de chose en 12 ans. Surtout lorsqu'on en a 18. Je n'en peux plus. J'en ai marre de prendre sur moi. De tout subir et refouler. Il paraît que c'est comme cela que l'on devient fou. Peut être. De toute façon plus rien n'est important. Les autres, non ? Non. Les Autres. Ah ! La bonne blague ! Ils croient me connaître. Ahahahahah ! Tu parles ! Ils ne connaissent que ce que je leur montre. Personne ne m'a jamais percé. Et qu'y a-t-il à voir de tout façon ? Hein ?! Rien ! Foutaises ! Rien je te dis ! Je suis vide et rien d'autre ! Mais non, tu as un fond. La preuve est que tu peux écrire ! Ah ! Encore une blague ! Pour ce que je ponds franchement ! J'appelle plus ça gribouiller qu'écrire ! Mais non ! Certains trucs sont bien ! Même les Autres le disent ! Pfff. Lèche botte oui ! Certes je ne suis pas très intelligent mais bien assez pour le remarquer ! N'importe quoi... Mais si ! Regarde ! Je ne suis qu'illusions, que trophées enchaînés ! Je plane au dessus de toute réalité ! Personne ne me comprend et je ne comprends personne ! Arrête tes phrases d'ado pré pubère s'il te plaît ! Tu vaux mieux que ça... Et bien non justement ! Certes on peut dire que je tombe dans la facilité en annonçant tout cela mais je ne dis que le Vérité mon cher... Me suis-je déjà trompé une fois ? Non et tu le sais ! Le problème est que j'ai aussi tout le temps raison. C'est sur, ça bloque tout là... Putain ! Tu fais chier à avoir tout le temps raison ! Et toi alors !
Bref. Bref. Si l'on revient sur le sujet de mes écrits tu sais très bien que ça ne va pas en ce moment sur ce sujet. Je n'écris plus beaucoup voir plus du tout... Ca passera, comme toujours... Justement ! Je trouve que les choses passent trop. Je voudrais qu'elles se cassent et me laisse tranquille......... Tiens, pendant que tu es là : des nouvelles du père ? Non, il n'est plus présent. Comme d'hab. Et notre mère ? Comme d'hab. Comme d'hab. Ah oui aussi ! Qui c'est cette 'tite nana ? Ah ?! Elle... Bah, je ne sais pas vraiment en fait ? Ce que je sais c'est qu'elle se prétends amoureuse de nous alors qu'au fond se doit être un syndrome quelconque. Je vois. « Like the others » hein ?! Ouais... Je n'arrive pas à comprendre comment on peut prétendre nous aimer... Genre on mérite...... Quoi ?!......Allez balance...Bah p'tet qu'on mérite... Arrête tes conneries putain ! Impossible j te dis ! Au fait ! Quoi ? Viens on saute ! Ok !...Plouf...Ah ! Putain ! Ca caille ! Ouais... Tu fais quoi ? Je nous laisse couler malgré que je sache nager. »
" Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur. "  Alfred de Musset

# Posté le samedi 28 février 2009 22:12

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